
Le débat sur les routes du narcotrafic dans les Caraïbes s’intensifie de plus en plus. Alors que des rapports révèlent une augmentation des cargaisons de cocaïne et d’armes transitant par Haïti et la République dominicaine depuis la Colombie, Washington continue de concentrer ses accusations sur le Venezuela.
Le directeur de la DEA (Drug Enforcement Administration), Terry Cole, a affirmé que « la corruption présumée au Venezuela et le régime de Maduro » étaient responsables de trafic de drogue. Il a accusé Caracas d’expédier de la drogue vers les États-Unis et d’introduire des membres du gang Tren de Aragua sur le territoire américain. « Ils continuent de détruire des vies aux États-Unis, causant la mort de centaines de milliers d’Américains », a-t-il déclaré sur Fox News, reprenant les propos du président Donald Trump.
Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions régionales. La présence de navires de guerre américains en mer des Caraïbes a été condamnée par plusieurs pays, notamment la Colombie, la Bolivie, le Nicaragua et Cuba. Le président colombien Gustavo Petro a averti contre les risques d’une intervention militaire américaine au Venezuela, qui pourrait, selon lui, plonger la région dans un conflit comparable à la crise syrienne.
À Caracas, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López, a rejeté ces accusations, les qualifiant de tentative de « changement de régime » et dénonçant la volonté des États-Unis d’imposer une « charte néolibérale » contraire aux intérêts vénézuéliens.
Dans ce climat tendu, la Colombie a récemment inauguré une ambassade en Haïti, un geste symbolique marqué par la visite du président Gustavo Petro à Port-au-Prince. Il s’agissait de sa deuxième visite en moins d’un an, suscitant des débats dans l’opinion publique, notamment en raison de l’implication de plusieurs ressortissants colombiens dans l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, toujours détenus en Haïti.
Par ailleurs, Bogota a remis aux autorités américaines sept trafiquants de drogue recherchés en extradition, signifiant ainsi sa volonté de collaborer étroitement avec Washington dans la lutte contre le narcotrafic.
Entre les pressions américaines sur Caracas, le réalignement des routes de la cocaïne via Haïti et la République dominicaine, et l’implication croissante de la Colombie dans la région, les Caraïbes se posent plus que jamais comme un enjeu stratégique dans la guerre internationale contre la drogue.
Rédaction Kominotek NEWS

