
Port-au-Prince, la capitale haïtienne, s’est éveillée dans un climat tendu jeudi 7 août 2025, alors que le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, devait passer le relais à Laurent Saint Cyr. Cette transition, qui aurait dû se dérouler dans un cadre de continuité politique, a été éclipsée par des tensions palpables dans la ville.
Dans la nuit, une vidéo préoccupante a circulé sur les réseaux sociaux. On y voyait Jimmy Chérizier, porte-parole de la coalition « Viv ansanm », vêtu en tenue de guerre et armé, annonçant son intention d’attaquer des sites symboliques tels que la Primature et la Villa d’. Cette déclaration a semé l’inquiétude parmi la population, déjà épuisée par les troubles récurrents qui secouent le pays.
La situation à Port-au-Prince reste volatile, avec des barricades érigées dans plusieurs quartiers et des échanges de tirs signalés. Les forces de sécurité sont déployées en nombre pour tenter de contenir les violences, mais la confiance dans leur capacité à maintenir l’ordre est fragile. Les habitants, déjà confrontés à des difficultés économiques et sociales, craignent une escalade qui pourrait aggraver leur situation déjà précaire.
La passation de pouvoir au sein du CPT, bien que prévue, intervient dans un contexte marqué par des divisions politiques et des rivalités entre groupes armés. Laurent Saint Cyr, le nouveau président du CPT, hérite d’un héritage complexe, avec pour défis immédiats de restaurer la stabilité et de relancer le dialogue entre les différentes factions.
Pendant ce temps, les appels à la calme se multiplient. Les organisations internationales et les diplomates présents à Port-au-Prince pressent les acteurs locaux de privilégier la voie du dialogue et de renoncer à la violence. Cependant, les déclarations menaçantes de Jimmy Chérizier et les mouvements de troupes armées dans la ville laissent planer le spectre d’une confrontation majeure.
La journée s’annonce donc sous un ciel lourd, avec des incertitudes quant à l’issue de cette transition et à la capacité des nouvelles autorités à apaiser les tensions. La population, lasse des promesses non tenues et des cycles de violence, attend des signes concrets de changement et de volonté politique pour sortir de cette crise profonde.
Rédaction Kominotek NEWS

