SOCIETE

La protection des femmes et des enfants en péril : deux ministères haïtiens dans l’inaction

Alors que les conséquences du retrait de l’aide américaine se font cruellement ressentir, les ministères haïtiens de la Santé et des Affaires sociales restent étrangement silencieux. Face à l’explosion des besoins humanitaires, l’absence de communication officielle ne fait qu’accroître la confusion et la frustration des populations touchées.

Depuis la suspension partielle des financements américains en janvier, seuls 4 600 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont pu être traités par l’UNICEF et ses partenaires. Ce chiffre, qui représente apenas 3,6 % des 129 000 enfants identifiés comme ayant besoin d’une prise en charge d’ici 2025, reflète un déclin inquiétant des services pédiatriques dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité et les déplacements massifs.

La situation sanitaire se détériore également en ce qui concerne la santé maternelle. Entre février 2022 et avril 2025, le taux de mortalité maternelle institutionnelle est passé de 250 à 350 décès pour 100 000 naissances vivantes. Une augmentation significative dans un contexte où la majorité des femmes accouchent sans assistance médicale appropriée.

Dans les zones contrôlées par des groupes armés, les violences sexuelles basées sur le genre ont augmenté, touchant principalement des femmes et des adolescentes, sans réelle réaction de la part des autorités. Face à ces chiffres alarmants, le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) maintient un silence assourdissant. Aucune annonce concrète n’a été faite pour expliquer comment l’État entend compenser le retrait des programmes américains, que ce soit en termes d’approvisionnement en vaccins, de soins médicaux de base ou de protection des femmes et des filles.

Le Ministère des Affaires sociales, pourtant en première ligne pour les programmes de transferts monétaires et de soutien communautaire, reste également opaque. Ces programmes, essentiels depuis 2021 pour assurer un minimum de sécurité alimentaire aux ménages vulnérables, ont été suspendus sans explication claire. « Les bénéficiaires ne savent plus à quoi s’attendre. Ils se sentent abandonnés, sans explication », témoigne un acteur humanitaire travaillant dans la région de l’Artibonite.

Alors que la situation sur le terrain se dégrade, la ministre des Droits de la Femme, Pedricka Saint Jean, multiplie les missions diplomatiques à l’étranger. Plusieurs observateurs s’interrogent sur l’efficacité de ces déplacements, alors que les services essentiels ferment un à un dans les hôpitaux et centres communautaires. Les programmes liés au genre ont été parmi les premiers touchés par la fermeture de l’USAID.

Au-delà de l’urgence immédiate, la suspension des programmes de développement, cofinancés par l’USAID, l’UNICEF et d’autres agences, affecte durablement les capacités de réponse nationale. La sécurité alimentaire, l’agriculture urbaine et l’accès à l’eau potable sont tous en suspens. « Ce n’est pas seulement une crise humanitaire, c’est une rupture dans la vision à moyen terme du pays », analyse un responsable de programme international basé à Port-au-Prince.

 

Rédaction Kominotek NEWS

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