
Les récentes mesures prises par les autorités américaines contre certaines figures de l’élite politique et économique haïtienne provoquent de vives réactions au sein de la société civile. L’arrestation de l’homme d’affaires Pierre Réginald Boulos et l’annulation du visa de l’avocat et homme politique André Michel marquent, pour de nombreux observateurs, un tournant dans la lutte contre l’impunité en Haïti.
Plusieurs représentants de la société civile, parmi lesquels Ricardo Fleuridor (Nou Pap Konplis), Nélus Nérius (Mouvman Lapè Pou Ayiti) et Ebens Cadet (Nou Konsyan), se sont exprimés publiquement pour commenter ces développements. Ces jeunes figures saluent, chacune à leur manière, les sanctions américaines, y voyant un signal fort adressé aux élites haïtiennes soupçonnées d’avoir contribué à la crise actuelle.
Pour Ricardo Fleuridor, ces mesures doivent alerter ceux qui, dans les sphères de pouvoir, comptent sur le soutien d’acteurs étrangers pour asseoir leur influence :
« Il faut comprendre que notre seule maison, c’est notre pays. Quand on participe à sa destruction, c’est encore ici que l’on revient. Il nous appartient donc de nous battre pour son relèvement tant qu’il est encore temps. »
Nélus Nérius, tout en reconnaissant l’échec de la classe politique haïtienne depuis 1986, souligne que cet échec est aussi le résultat d’une implication constante de la communauté internationale, notamment des États-Unis. Il interprète les sanctions récentes comme la rupture d’un accord tacite entre certaines élites haïtiennes et des intérêts étrangers :
« La crise multidimensionnelle actuelle est également le fruit de cette ingérence étrangère. Ces récentes sanctions traduisent simplement la fin d’un ‘deal’ contre les intérêts d’Haïti. »
Ebens Cadet insiste sur l’urgence de rompre avec toute dépendance à l’égard de l’extérieur :
« Il est temps de comprendre que nous n’avons pas besoin de la bénédiction du ‘Blanc’ pour être élus ou réaliser des projets utiles au pays. »
Dans le même esprit, Fleuridor rappelle un épisode marquant de l’histoire politique récente : l’influence supposée de Réginald Boulos dans le processus électoral de 2011. À l’époque, ce dernier aurait été utilisé pour écarter un candidat au profit d’un autre, avec l’appui de la communauté internationale.
« Regardez comment ces mêmes puissances le traitent aujourd’hui. Ce n’est qu’un exemple. »
Enfin, Nélus Nérius appelle les jeunes générations à faire preuve de responsabilité et de patriotisme dans leur engagement civique :
« Le patriotisme doit guider l’action publique. Ces décisions montrent que collaborer avec l’international contre l’intérêt du pays se paie tôt ou tard. »
Malgré des nuances dans leurs discours, les trois leaders s’entendent sur un point essentiel : ces sanctions, bien qu’importantes, ne répondent pas aux besoins fondamentaux du peuple haïtien. Ils appellent à une prise de conscience collective pour que le pays retrouve sa capacité à choisir librement des dirigeants porteurs d’un véritable projet de transformation.
Rédaction Kominotek NEWS

