
Le contrat liant la Caribbean Port Services S.A. (CPS) à l’Autorité portuaire nationale (APN) continue de faire l’objet de vives controverses au sein des autorités de transition. Le 9 juillet, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Fritz Alphonse Jean, a adressé une lettre au Premier ministre Alix Didier Fils Aimé, exprimant des inquiétudes quant à la légalité de cet accord.
Selon le CPT, la durée du contrat en question dépasse les normes habituelles, s’étendant « au-delà de vingt-cinq ans », soit trois fois la période de renouvellement normale de neuf ans. Ces interrogations, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont rapidement suscité une réaction de la part de la CPS. Le 14 juillet, Philippe Coles, président du conseil d’administration de l’entreprise, a adressé une correspondance aux membres du Conseil présidentiel, rejetant fermement toute accusation d’irrégularité.
La CPS a exprimé sa surprise face aux « suspicions » formulées à l’encontre d’un contrat qu’elle affirme être conforme et en règle. Dans son document, l’entreprise déplore la teneur de la lettre du CPT, qui, selon elle, soulève à tort des doutes sur la régularité de l’accord conclu avec l’APN.
Les contrats portuaires revêtent une importance économique majeure pour Haïti, et la durée anormalement longue du contrat CPS-APN interroge légitimement sur la gouvernance et la transparence dans la gestion de ces infrastructures stratégiques. Ce différend met également en lumière les tensions croissantes entre le secteur privé et les autorités de transition, dans un contexte où la crédibilité des institutions est fortement mise en cause.
Alors que la CPS affirme être prête à fournir toutes les clarifications nécessaires, le gouvernement de transition doit démontrer sa capacité à garantir la transparence et le respect des normes. Cela est essentiel pour renforcer la confiance dans la gestion des ressources publiques et favoriser un climat d’investissement stable et responsable.
Ce dossier sensible souligne les défis auxquels est confrontée la gestion des infrastructures portuaires en Haïti, où les enjeux économiques et politiques se entrelacent. La résolution de ce conflit devra non seulement répondre aux préoccupations légales et éthiques, mais aussi restaurer la confiance des acteurs économiques et de la population dans les institutions publiques.
Rédaction Kominotek NEWS

