ONU prolonge le BINUH de six mois : mission confiée au Mexicain Ruiz Massieu

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, ce lundi 14 juillet 2025, la résolution 2785, prolongeant de six mois—jusqu’en janvier 2026—le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Cette durée relativement courte reflète une prudence renouvelée des Nations Unies face à l’efficacité jugée limitée de la mission, alors que la situation sécuritaire en Haïti reste préoccupante, avec plus de 1,3 million de déplacés et plus de 4 000 morts constatés au premier semestre 2025.
Le texte réaffirme l’engagement de l’ONU à accompagner Haïti dans la consolidation des institutions, le renforcement de la gouvernance démocratique, la justice, la sécurité et le dialogue national . Il laisse néanmoins entendre une évaluation régulière de l’impact du BINUH sur le terrain, indiquant que des ajustements seront envisagés à court terme.
Le nouvel envoyé spécial à la tête du BINUH est le diplomate mexicain Carlos G. Ruiz Massieu, qui succède à l’Équatorienne María Isabel Salvador. Ruiz Massieu, auparavant à la tête de la mission ONU en Colombie, apporte une longue expérience en matière de dialogue politique, de consolidation des institutions et de négociation de paix.
Créé en 2019 pour conseiller les autorités haïtiennes, le BINUH a souvent été critiqué pour son mandat jugé trop limité face à l’ampleur de la crise, tandis que la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), lancée en 2023, cherche à adresser l’urgence sécuritaire. L’arrivée de Ruiz Massieu est perçue comme une tentative de revitaliser le rôle onusien dans une période de transition délicate, marquée par l’affaiblissement de l’État, l’essor des gangs et une crise humanitaire persistante.
La résolution 2785 marque une nouvelle phase de la présence de l’ONU en Haïti, renouvelée mais à durée limitée, traduisant un certain scepticisme quant à son efficacité. Sous la direction de Carlos G. Ruiz Massieu, le BINUH est désormais engagé dans une mission de conseil politique et institutionnel, en parallèle à l’effort sécuritaire de la MSS. L’enjeu est élevé : les prochains six mois seront déterminants pour évaluer la capacité de la communauté internationale à soutenir une stabilisation concrète du pays.
Rédaction Kominotek NEWS

