
Le Fonds National de l’Éducation (FNE) est actuellement secoué par de sérieuses accusations de mauvaise gestion, de népotisme et de tentatives d’intimidation de la presse. Ces allégations ont été portées par Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), lors d’un entretien avec le journaliste Roudy Thomas Sanon. La directrice du FNE, Sterline Civil, a vigoureusement contesté ces accusations, les qualifiant de persécution politique.
Pierre Espérance a dénoncé ce qu’il décrit comme un réseau d’influence mis en place par Corvington Jean, un journaliste présenté comme le compagnon de Sterline Civil. Selon lui, ce réseau aurait integré plusieurs proches à l’intérieur de l’administration, en violation des principes de neutralité et d’impartialité administrative. Il a également pointé du doigt la participation de Corvington Jean à des événements officiels en l’absence de la directrice, notamment lors de la manifestation « Livres en folie » le 19 juin, ce qui renforcerait les soupçons d’un mélange des genres entre vie personnelle et fonctions publiques.
Pierre Espérance a rappelé que Corvington Jean avait, dans le passé, critiqué des pratiques similaires au sein d’autres institutions publiques, comme le Programme National de Cantine Scolaire (PNCS) dirigé par Djina Delatour, ou l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), dirigé par Renan Hedouvil. Il a également affirmé que des journalistes auraient reçu des contrats publics ou des sommes d’argent pour éviter de critiquer la gestion actuelle du FNE, qualifiant cette pratique de stratégie délibérée d’étouffement médiatique.
L’affaire a pris une nouvelle tournure avec la révélation d’un voyage en Espagne, auquel ont participé Sterline Civil, Corvington Jean et Guichard Doré, chef de cabinet de la directrice. Bien que ce déplacement ne soit pas officiellement lié au FNE, des interrogations subsistent quant à la justification et à la transparence des dépenses engagées.
Face à ces accusations, Sterline Civil a réagi sur les réseaux sociaux, dénonçant ce qu’elle qualifierait d’une campagne de dénigrement orchestrée par des groupes politiques alliés à Pierre Espérance. Elle se présente comme une victime d’un système patriarcal et hostile, tout en affirmant maintenir son engagement en faveur de la bonne gouvernance de l’éducation.
Alors que le FNE est censé jouer un rôle clé dans le financement de l’éducation publique en Haïti, ce scandale soulève des inquiétudes profondes quant à l’intégrité de l’institution. La gestion des ressources publiques, l’indépendance de la presse et la régularité des nominations internes sont autant de points qui nécessitent des éclaircissements.
À ce stade, l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) n’a pas encore réagi. Mais l’opinion publique s’interroge : jusqu’où ira ce silence face à des soupçons aussi graves ? Et qui, au final, protège réellement les fonds destinés à l’avenir des enfants haïtiens ?
Rédaction Kominotek NEWS

