Haïti – Insécurité : Les habitants de Désarmes sous la menace des gangs armés lancent un appel à l’aide

Depuis plusieurs semaines, la commune de Désarmes, située dans le département de l’Artibonite, est plongée dans une insécurité croissante. Après la prise de contrôle de La Chapelle par la coalition criminelle « Viv Ansanm », les habitants de Désarmes redoutent maintenant de subir le même sort. Cette localité, autrefois calme et tournée vers l’agriculture, est aujourd’hui au bord de devenir un nouveau fief des gangs armés.
**Désarmes, 29 juin 2025** – La situation dans cette commune rurale s’est gravement détériorée. Les gangs, en particulier ceux de la coalition « Viv Ansanm », cherchent à étendre leur influence territoriale après avoir consolidé leur emprise sur La Chapelle, une localité voisine. Les habitants de Désarmes vivent désormais dans la peur permanente, se sentant abandonnés par les autorités.
« Nous ne dormons plus la nuit. La peur que les gangs débarquent chez nous est constante. Ils tirent, volent, kidnappent… et personne n’intervient », confie Claudette, une commerçante de 42 ans, les larmes aux yeux. Cette témoignage reflète l’anxiété générale qui règne dans la commune.
Les tirs sporadiques, les pillages et les menaces de représailles sont désormais monnaie courante. De nombreuses familles ont déjà choisi de fuir, préférant l’exil à l’attente angoissante d’une éventuelle attaque. « Beaucoup ont quitté les lieux. Nous ne pouvons pas rester ici pour mourir sous les balles des criminels », explique un jeune père en route vers Saint-Marc avec ses deux filles.
Cette situation alarmante met en lumière l’absence de l’État dans une région qui se sent abandonnée. Une institutrice locale, qui a souhaité rester anonyme, dénonce ce qu’elle perçoit comme une volonté délibérée de laisser les gangs sévir : « On dirait que les autorités ont décidé de livrer le pays aux gangs. Elles nous ont oubliés. Mais nous aussi, nous sommes des citoyens haïtiens. Nous avons droit à la sécurité. »
Les enseignants, les commerçants et les leaders communautaires ont lancé un appel urgent aux autorités. « Si rien n’est fait, cette commune tombera entre les mains des bandits. Nous exigeons une intervention immédiate », déclare un directeur d’école, visiblement inquiet pour ses élèves et son personnel.
La dégradation de la sécurité à Désarmes illustre l’expansion des gangs au-delà de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Pour les habitants, il s’agit d’une tragédie vécue dans le silence, loin des regards des caméras et des autorités.
Rédaction Kominotek NEWS

