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Port-au-Prince sous tension : Canapé-Vert paralysé par des barricades et des tirs

Le mercredi 25 juin 2025, Port-au-Prince s’est réveillée sous haute tension, particulièrement dans le quartier de Canapé-Vert. Des barricades de pneus enflammés ont été érigées et des détonations d’armes à feu ont été entendues dès les premières heures de la journée, semant l’inquiétude parmi la population. La circulation a été fortement perturbée dans plusieurs secteurs de la capitale. Sur les réseaux sociaux, le leader de la Brigade de surveillance de Canapé-Vert avait annoncé une paralysie de deux jours, sans toutefois préciser les raisons de cette mobilisation.

Cette situation intervient dans un contexte de crise aiguë et de mésententes profondes au plus haut sommet de l’État. Le pays stagne, son économie est moribonde, et il s’apprête à entamer une nouvelle année de croissance négative. Les habitants de Canapé-Vert, Débussy et Turgeau ont, une nouvelle fois, manifesté dans les rues de la capitale pour dénoncer l’insécurité et réclamer le départ du Conseil présidentiel de transition, « incapable de mettre un terme à la terreur des gangs ». Ils entendaient exprimer leur ras-le-bol contre la terreur instaurée par les bandes armées dans la capitale et dans le bas Artibonite et la passivité du pouvoir en place.

Très hostiles envers les autorités, les manifestants ont érigé des barricades de pneus enflammés notamment sur la route de Boudon où la manifestation a été dispersée, encore une fois, par la police à coup de gaz lacrymogène. Les protestataires lancent un appel à la solidarité de toute la population afin de forcer les autorités à prendre des mesures drastiques contre la violence des gangs. Ils dénoncent l’« utilisation politique » des drones porteurs d’explosifs dans les bases des groupes armés.

Symbole et lieu de résistance contre l’envahissement des gangs armés, les habitants de Canapé-Vert ont lancé une série de mouvements de protestation depuis le 19 mars dernier où plusieurs milliers de manifestants ont foulé le macadam. Ce jour-là, plusieurs manifestants avaient été blessés suite à l’intervention des forces de l’ordre, provoquant la fin prématurée de ce mouvement. En dépit de tout, ils se disent déterminés à poursuivre leur bataille en vue de forcer les dirigeants à éradiquer le phénomène de l’insécurité dans le pays.

Entre-temps, la violence aveugle des bandits armés se poursuit dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite. Lundi, un officier kényan a été tué et trois blindés de la PNH et de la MMAS incendiés, par des bandits du gang « Gran Grif » de Savien, à Petite-Rivière de l’Artibonite. Les bandits armés ont perpétré, le même jour, une nouvelle attaque à Kenscoff, précisément dans les localités de Boucan et Depanse tuant deux habitants et enlevant trois autres.

Rédaction Kominotek NEWS

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