
La Cour suprême des États-Unis a approuvé une politique de l’administration Trump visant à expulser rapidement des migrants vers des pays tiers, même si ceux-ci n’ont aucun lien avec ces pays et sans garanties procédurales. Cette décision a été rendue publique sous la forme d’une ordonnance concise et non signée, qui suspend une décision antérieure du juge fédéral Brian Murphy. Ce dernier avait exigé que les migrants aient une « opportunité significative » de prouver qu’ils seraient en danger en cas d’expulsion.
Avec cette ordonnance, l’administration est désormais en mesure de procéder à des expulsions accélérées, tout en laissant aux intéressés un délai de 10 jours pour déposer une plainte. Cette décision a suscité des réactions contrastées.
Trina Realmuto, directrice exécutive de la National Immigration Litigation Alliance, un des groupes ayant contesté cette politique en justice, a vivement critiqué la décision de la Cour suprême. Elle a déclaré : « Les répercussions de cette ordonnance seront terribles. Elle supprime des protections essentielles en matière de procédure régulière qui ont, jusqu’à présent, protégé les membres de notre communauté contre la torture et la mort. »
Du côté du gouvernement, la porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure, Tricia McLaughlin, a salué cette décision en déclarant : « Le DHS peut maintenant exercer son autorité légale et expulser les étrangers en situation irrégulière vers un pays prêt à les accueillir. »
Cependant, la juge Sonia Sotomayor a exprimé son désaccord avec vigueur. Elle a accusé la majorité de la Cour de « récompenser l’anarchie » en permettant à l’administration Trump de contourner les droits constitutionnels des migrants. Elle a également souligné que « des milliers de personnes souffriront de violences dans des endroits éloignés », ce qu’elle estime moins important pour la majorité conservatrice que la « faible possibilité » que le juge ait outrepassé son autorité.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des débats intenses sur la politique migratoire aux États-Unis, avec des implications significatives pour les droits des migrants et l’application du droit international.
Rédaction Kominotek NEWS

